Introduction :

La médecine vétérinaire a été poussée dans les dernières années à un niveau jamais atteint. Par conséquent, les animaux de compagnie vivent de plus en plus longtemps. Il n’est pas rare désormais de voir en clinique des chats âgés de plus de 15 ans. Cette augmentation de la longévité nous amène à observer les signes cliniques secondaires au vieillissement du système nerveux central. Tout comme les autres organes, le cerveau n’échappe pas à la toxicité et à la destruction cellulaire due à l’âge. Lors du vieillissement, il est donc très fréquent d’observer des changements dans les comportements de l’animal. Bien que la plupart des animaux qui développent des troubles comportementaux avec l’âge n’ont jamais démontré des comportements totalement normaux, les propriétaires vous diront qu’ils étaient très biens et que leurs comportements ont changé récemment.

Malgré toutes les découvertes et l’avancement de la médecine vétérinaire dans la dernière décennie, les publications ainsi que les recherches sur les comportements du chat âgé demeurent très rares. Comme le chien a été beaucoup utilisé pour comprendre plusieurs troubles reliés au vieillissement du cerveau comme la maladie d’Alzheimer chez l’humain, les découvertes ont été nombreuses. Chez cette espèce, certaines conditions peuvent être extrapolées vers le modèle félin comme le syndrome de dysfonctionnement cognitif et l’anxiété de séparation.

Développement des troubles comportementaux avec le temps :

Chez les chats âgés, l’apparition de troubles comportementaux est dictée par le seuil nécessaire pour qu’un comportement anormal soit exprimé. Cette théorie est la même que celle utilisée en dermatologie pour expliquer le prurit. En effet, chaque animal peut tolérer un certain nombre d’antigènes ou de stimuli menant au prurit. Toutefois, lorsque la stimulation excède le seuil de tolérance ou lorsque différents stimuli agissent de pair, le prurit est déclenché. Dans le cas du vieux chat, plusieurs facteurs ou stimuli peuvent abaisser le niveau de tolérance et déclencher le développement de comportements atypiques. Parmi ces facteurs, il y a les maladies physiques et mentales, les débalancements hormonaux, les conditions douloureuses comme l’arthrite et les troubles dentaires, la diminution des capacités sensorielles, les variations de l’environnement, les interactions sociales, etc. Par exemple, un chat ayant toujours été anxieux mais n’ayant jamais démontré de marquage, peut facilement se mettre à marquer après un certain âge s’il développe de l’hyperthyroïdie.

Il ne faut pas oublier que peut importe l’origine d’un trouble comportemental, il y a toujours un conditionnement qui entre en ligne de compte et qui favorisera l’évolution ou l’établissement de tout comportement. C’est pour cette raison que tout trouble du comportement devrait être adressé le plus rapidement après son apparition et ce, même s’il est présenté de façon intermittente. Dans bien des cas, l’interaction des humains avec les animaux démontrant des variations comportementales aura comme résultat d’augmenter la fréquence ou l’intensité de ces comportements. La raison la plus fréquente est le renforcement par l’attention qui est donnée à ces animaux. En effet, l’intolérance des humains envers certains comportements comme les vocalises excessives les pousse à réagir dans le but de faire cesser ces comportements. Par exemple, si un animal commence à vocaliser durant la nuit ou très tôt le matin secondairement à une variation de son cycle éveil sommeil, les propriétaires auront souvent comme réflexe de nourrir l’animal croyant que ce dernier est affamé. Résultat, le chat apprend que lorsqu’il vocalise, il est nourri. D’autres décideront de se lever et de commencer la journée. Dans ces cas, le renforcement du comportement pourra être la présence du propriétaire ou l’interaction (parler, regarder, toucher) que le chat aura avec ce dernier. Cet élément est important pour le diagnostic ainsi que traitement de ces conditions. Le vétérinaire devra donc identifier le stimulus qui déclenche l’apparition des comportements en question de même que l’élément qui renforce et maintient le comportement.

Le vieillissement et les comportements :

Comme mentionné plus haut, le vieillissement amène une cascade de réactions qui mène au déclin et à la détérioration de différents organes. Selon les individus, la rapidité de cette évolution sera très variable. Plusieurs facteurs sont en cause comme la génétique, le stress, les maladies, la nutrition, l’exercice et l’environnement dans lequel l’animal évolue.

Les comportements les plus souvent observés avec le vieillissement sont :

· l’augmentation de l’anxiété en général et la possibilité d’anxiété de séparation

· l’augmentation de l’agressivité

· l’augmentation de l’irritabilité

· l’augmentation de la réactivité (plus sensible aux différents stimuli)

· l’augmentation de la réactivité envers les changements dans l’environnement immédiat de l’animal

· l’augmentation des vocalises

· le développement ou l’évolution de certaines craintes envers les autres animaux ou étrangers (avec ou sans agressivité)

· une diminution de la tolérance aux manipulations et aux contentions

· une recherche évidente de contact physique ou visuel avec les propriétaires

· des variations dans le cycle d’éveil et de sommeil

· une diminution de l’appétit

· une diminution de ses fonctions cognitives

o Capacité à effectuer certaines tâches habituellement bien maîtrisées

o Malpropreté (selles et/ou urine)

Dans bien des cas, ces comportements peuvent s’expliquer par une diminution de l’efficacité des différentes fonctions sensorielles. Par exemple, un chat devenu sourd peut facilement se mettre à sursauter, à être plus réactif et plus craintif à l’approche d’un humain. Il est aussi probable dans ce cas que l’animal soit plus porté à vocaliser.

Les troubles comportementaux :

Mis à part les causes « médicales pures », les troubles comportementaux liés à la démence ou à l’atteinte du SNC semblent être bien fréquents chez le chat âgé. Selon une étude qui consistait à évaluer les capacités cognitives des chats âgés de plus de 11 ans par le biais d’un examen physique, d’un questionnaire rempli par les propriétaires ainsi que d’analyses sanguines, 43% des 152 chats évalués avaient des signes compatibles avec le syndrome de dysfonctionnement cognitif (SDC). Après avoir éliminé les causes médicales évidentes, 33% des chats demeuraient susceptibles de souffrir de SDC. Bien que les signes apparaissent à un âge plus avancé, le chat, tout comme le chien, semble être à risque de développer le SDC. Les signes les plus couramment observés dans ces cas sont :

· Augmentation des vocalises

· Variation du cycle éveil sommeil

· Variation des interactions sociales

· Diminution de l’orientation (beaucoup moins fréquent que chez le chien)

· Malpropreté

· Diminution de l’affection ou des interactions avec les humains

L’anxiété de séparation est désormais une entité réelle chez le chat. Tout comme chez le chien, elle peut se manifester en l’absence physique ou virtuelle d’humains. Les animaux susceptibles sont ceux qui doivent être laissés seuls pour de très longues périodes ou ceux qui vivront une variation dans l’horaire de ses propriétaires. Une étude révélait que 75% des chats qui souffraient d’anxiété de séparation urinaient sur le lit des propriétaires, 35% déféquaient à l’extérieur de la litière, 9% détruisaient, 12% démontraient de la vocalisation excessive et 6% un léchage excessif. Selon l’auteur, ces chats semblaient être décrits par leurs propriétaires comme étant anxieux et craintifs.

Les néoplasmes atteignant le système nerveux central sont aussi une cause possible de troubles comportementaux. Bien souvent, les signes comportementaux seront observables avant de détecter toute anomalie à l’examen neurologique. Les signes observés varieront selon la région affectée. Les plus fréquents sont :

· Regard différent et absent, fixation, pupilles dilatées sans atteinte visuelle

· Mouvements moteurs exagérés

· Diminution de réponse aux stimuli externes

· Craintes exagérées

· Réactions défensives exagérées avec ou sans piloérection

· Courses folles impossibles à arrêter sauf par une intervention physique des propriétaires

· Dépression, abattement généralisé

· Pica, destruction

Diagnostic et traitements :

Dans bien des cas, il sera difficile de différencier entre un problème de comportement primaire avec conditionnement et une diminution sensorielle ou un début de dysfonctionnement cognitif. Le diagnostic différentiel sera le suivant:

· Troubles médicaux

o Hormonaux

o Métaboliques

o Tumoraux

§ SNC

§ Autres

o Myoarthro-squelettiques

· Diminution de l’efficacité des organes sensoriels

· Comportementaux

o Anxiété générale

o Anxiété de séparation

o Syndrome de dysfonctionnement cognitif

o Problème de malpropreté non médical (Aversion/Préférence/Social)

Comme dans tout problème, il est important de garder une logique médicale. Voici donc l’approche recommandée :

1. Évaluation médicale dans le but d’éliminer toute cause médicale primaire ou sous-jacente :

· Examen physique complet, insister sur les points suivants

o État général

§ État de chair

§ Réactivité, exploration, interactions

§ Présence et cognition

§ Allure du pelage (hygiène)

o Évaluation sensorielle

§ Vision

§ Audition (BAER au besoin)

o Évaluation neurologique complète

§ État mental (anamnèse, questionnaire pour patients gériatriques)

§ Nerfs crâniens

§ Proprioception, démarche et posture

§ Réflexes

§ Douleur au dos et au bassin

o Évaluation Myoarthro-squelettique

§ Vérifier pour douleur ou présence d’arthrose (certains chats arthritiques décideront de ne pas utiliser la litière s’ils doivent descendre ou monter un escalier ou si le bac est trop haut.)

o Évaluation du système urogénital

§ Palper les reins et la vessie

§ Vérifier la vulve et le fourreau pour détecter la présence de sang ou toute autre anomalie

· Évaluation sanguine et urologique selon la condition

o Biochimie et T4

o Hématologie

o Urologie

o Coprologie

o FIV FeLV

· Évaluations spécifiques et imagerie selon le cas

o Échographie

o Radiographie

o CT Scan

o MRI

o EEG

o LCR

2. Traiter toute cause médicale sous-jacente

3. Évaluation comportementale

· À l’interne

· Référer à un spécialiste

4. Si l’évaluation comportementale est impossible

· Tenter un traitement médicamenteux pour la condition la plus probable

§ AUCUN MÉDICAMENT N’EST APPROUVÉ POUR CES CONDITIONS CHEZ LE CHAT

o Syndrome de dysfonctionnement cognitif

§ Sélégiline (Anipryl®) 0.5-1 mg par kg SID

o Anxiété

§ Clomipramine (Clomicalm®) 0.25-0.5 mg par kg SID

· Attention chez le chat âgé, bilan sanguin au préalable

· Ne jamais combiner avec un inhibiteur de MOA (Anipryl®).

· Attendre au moins 2 semaines chez le chat âgé entre les 2 types de médication si un changement est nécessaire

· Réévaluer le diagnostic, le choix de médication et le dosage selon la réponse après 4-6 semaines

5. Ajouter des antioxydants dans la nourriture (vitamine E ou autre)

6. Améliorer l’alimentation

7. Stimuler l’animal continuellement

8. Enrichissement de l’environnement et modification comportementale selon les besoins spécifiques de l’animal.

9. Être stable et établir une routine dans la vie de l’animal

10. Être le plus prévisible possible


N.B. Le traitement des troubles comportementaux est le même pour les animaux âgés que pour les plus jeunes. Il demande seulement plus de précautions et de suivis quant à l’utilisation de la médication.

Comment enrichir l'habitat du chat d'intérieur.

Martin Godbout DMV

Résident en médecine vétérinaire comportementale

Groupe vétérinaire Daubigny

Le comportement est la conséquence de la prédisposition génétique, de l’apprentissage et des interactions environnementales. L’environnement jouera donc un rôle important dans le développement et l’évolution de différents comportements.

L’enrichissement de l’environnement est un terme fréquemment utilisé pour les animaux de production et de zoo. La qualité de vie des animaux en captivité a été grandement améliorée dans les dernières décennies par de simples enrichissements mimant ou stimulant leurs comportements normaux de prédation, d’alimentation ou de reproduction. En effet, il n’est pas rare de voir des animaux sauvages en captivité se reproduire ou cesser certains comportements obsessifs-compulsifs suite à différentes modifications à leur habitat ou à leur cédule. Pour les animaux de production, le rendement global est aussi augmenté lorsque l’environnement est propice au développement de l’espèce. En stimulant ces animaux à exprimer leurs comportements normaux tout en favorisant un environnement faible en stress, leur bien-être en est automatiquement amélioré.

Le principe à retenir pour chaque enrichissement est de fournir à l’animal ce dont il a besoin. Les besoins varient selon les espèces mais varient aussi de façon individuelle. Ceci dit, les outils ou les méthodes d’enrichissement qui stimulent un animal d’une espèce donnée peuvent laisser un autre animal de la même espèce totalement indifférent. Il faut adapter nos techniques et faire preuve d’imagination en se basant sur les comportements normaux et naturels de l’animal.

Pour ce qui est de nos chats domestiques, l’enrichissement de l’environnement devrait être basé sur les mêmes critères. L’enrichissement de l’environnement et le bien-être de l’animal sont aussi importants que l’établissement d’un programme de médecine préventive et d’alimentation. En effet, certaines études ont prouvé qu’un environnement stressant peut augmenter le risque de développement de certaines maladies comme le SUF.

Pour améliorer un environnement, il faut se baser sur les comportements normaux de l’espèce. Chez le chat, il existe beaucoup de variables selon le type d’environnement (intérieur, extérieur.) Cette espèce a une grande capacité d’adaptation mais elle sera optimisée si nous offrons à l’animal un environnement qui stimule ses comportements de base et lui permet d’atteindre un équilibre comportemental. Les volets les plus importants dans l’enrichissement incluent l’environnement physique, l’environnement social, les stimulations sensorielles (olfactives, visuelles et tactiles), les programmes d’alimentation et la stimulation mentale (faire des choix, recherche).

L’environnement physique inclut l’espace disponible et l’accès à différentes ressources ou différents lieux. Les chats vivent dans un espace tridimensionnel. De plus, l’espace préféré variera selon le temps de la journée. Il est donc possible de fournir un environnement adéquat à un chat domestique même si nous vivons dans un petit appartement, simplement en le laissant exprimer ses comportements naturels. Pour ce faire, il suffit de fournir à l’animal des endroits où il peut grimper, monter, se cacher, se retirer des autres membres de la famille, etc.

L’environnement social est parfois plus difficile à gérer. Il est bien connu que les chats sont en général solitaires. Toutefois, une étude a démontré qu’il existe une variabilité importante quant au degré de tolérance d’un chat à d’autres individus de son entourage. Une autre étude a démontré que plus de 70% des chats qui cohabitent avec un autre félin se livrent à des batailles occasionnelles. Ceci dit, il sera encore plus important de fournir un espace tridimensionnel adéquat et riche en diversité afin d’éviter toute forme d’agression active ou passive.

Dans le cas de cohabitation avec une autre espèce comme le chien ou dans un environnement où il y a beaucoup d’habitants humains, il est nécessaire que le chat ait accès à un endroit privilégié où il peut se retirer. Le chat doit pouvoir faire le choix d’interagir ou non de façon sociale. Dans cet endroit, la possibilité de grimper et de pouvoir observer sans être vu devrait aussi être présente. L’accès à partir de cet endroit à une fenêtre ainsi qu’aux ressources vitales comme l’eau, la nourriture et la litière est aussi primordial. Lorsqu’il se repose, il est important que les autres animaux ainsi que les humains respectent ses moments de solitude. Il est recommandé de favoriser les interactions sur demande du propriétaire lorsque l’animal est en mouvement dans l’environnement et d’éviter de forcer les interactions lorsque l’animal se retire de lui-même. Encore une fois, il y aura une variabilité individuelle incroyable quant à l’interaction sociale. Le but est de respecter les besoins de l’individu en lui offrant de la solitude ou des interactions lorsqu’il le désire. Les chats qui aiment les contacts physiques pourront bénéficier de techniques de massage ou de séances de T-touch.

Le chat nécessite différentes stimulations sensorielles. Tout comme le chien, son odorat est extrêmement développé. L’utilisation de phéromones est courante chez le chat. Que ce soit en marquant les endroits couramment fréquentés par un jet d’urine ou pour laisser des messages chimiques sociaux en frottant ses joues ou ses coussinets plantaires, le dépôt de phéromones est un comportement normal et nécessaire à la bonne communication du chat. Ce dernier a aussi un comportement de chasse très développé. Ce comportement semble être un besoin inné chez le chat qui est habituellement un chasseur solitaire. Contrairement aux autres espèces, ce comportement de chasse semble être indépendant des besoins en alimentation. Le temps accordé par les chats de ferme ou de maison à la chasse est de 3-4 heures par jour en moyenne. Une excursion moyenne sera d’environ 30 minutes. Ce besoin essentiel peut être redirigé vers des objets dans un environnement artificiel. Ils aiment les jouets qui font quelque chose. Par exemple, ceux qui « squeak », vibrent, bougent de façon aléatoire ou rebondissent. Les objets fourrés d’herbe à chat stimuleront aussi une grande majorité de chats domestiques. Il est possible d’en incorporer dans divers objets pour stimuler l’interaction. Le chat préfère habituellement jouer de façon interactive avec les humains plutôt que de jouer seul avec un objet. Les jeux simples comme une balle fixée au bout d’une ficelle attachée à notre ceinture lors de la préparation des repas ou lors des séances de ménage peut suffire à stimuler l’animal. Certains chats peuvent jouer des heures lorsque nous les stimulons avec un pointeur laser. En général, il est recommandé de ne pas laisser les jouets en permanence mais de faire une rotation afin de garder l’intérêt de l’animal.

Des stimulations visuelles doivent être présentes dans l’environnement. Plusieurs chats adoreront se percher sur un meuble permettant une vue sur le jardin ou tout simplement se coucher sur le bord de la fenêtre et observer les mouvements à l’extérieur et être en contact avec une variété de stimuli. Certaines personnes demeurant dans les immeubles à étages choisiront d’offrir à leur animal des stimulations visuelles spécifiques comme des vidéos, des écrans de veille ou des DVD imitant un habitat naturel.

Les surfaces à gratter préférées de l’animal devraient aussi faire partie de l’enrichissement. L’emplacement de ces objets sera dicté par les préférences de l’animal.

Pour ce qui est de l’alimentation, en plus de fournir une nourriture adaptée en qualité et en quantité, il est idéal de varier le mode d’administration. La recommandation est d’offrir différentes textures d’alimentation comme la nourriture sèche, semi-humide et en conserve. Les chats aiment être stimulés et faire des choix. Il est idéal de conserver une partie de la ration quotidienne et de la distribuer de façon aléatoire dans l’environnement. Cela oblige l’animal à explorer et à rechercher de nouveaux endroits qui peuvent être riches en informations et en stimulations. Il existe des cubes servant à cacher la nourriture. Pour obtenir son repas, l’animal doit faire bouger le cube. Il est aussi possible d’utiliser du matériel de recyclage comme une boîte de carton et la perforer afin que le chat aille chercher les croquettes une à la fois. Il existe une multitude de jouets interactifs et éducatifs pour chats qui sont conçus pour stimuler les instincts naturels de l’animal.

Contrairement à la croyance populaire, les chats peuvent être facilement stimulés à faire différentes tâches et différents trucs en échange de friandises. En utilisant les mêmes techniques d’apprentissage que pour le chien (conditionnement opérant, renforcement positif, "clicker", etc.) il est possible d’apprendre rapidement à un chat à venir, se coucher, s’asseoir, taper dans les mains, donner la patte, utiliser les toilettes, monter ou descendre d’un meuble sur demande, marcher en laisse, rapporter des objets ou tout autre truc intéressant. Il suffit de stimuler le chat, d’être patient et d’avoir du plaisir avec l’animal lors des séances d’apprentissage. Il faut être imaginatif!

Martin Godbout DMV

Résident en médecine vétérinaire comportementale

Groupe vétérinaire Daubigny

Chez les félins, la malpropreté est la condition la plus fréquente de consultation comportementale spécialisée et la raison la plus rapportée qui pousse les propriétaires à se départir de leur animal. Malgré tout, elle demeure pour plusieurs vétérinaires praticiens, un vrai casse-tête et une condition pratiquement intraitable. Selon une étude effectuée par l’université Davis en Californie auprès de 500 clients propriétaires de chats avec des troubles de malpropreté et 70 vétérinaires traitants, près du tiers des vétérinaires semblait incapable de faire la distinction entre le marquage urinaire et une miction inappropriée. Ceux qui étaient en mesure de faire cette distinction, recommandaient alors une modification comportementale et environnementale et prescrivaient une médication adaptée à la condition de façon significative comparativement au groupe de vétérinaires qui ne faisaient pas la distinction. Cette étude a aussi démontré que 74% des propriétaires demandent l’avis de leur vétérinaire dans le cas de marquage urinaire. Parmi les propriétaires de chats qui ont consulté leur vétérinaire, 8% disent avoir reçu des recommandations d’hygiène relative à la litière et 4% des informations sur l’environnement lui-même (interactions avec les autres chats, anxiété, crainte, etc.) Ce document présentera donc une approche simplifiée permettant au personnel des cliniques vétérinaires de faire le bon diagnostic et d’établir un plan thérapeutique qui maximisera vos chances de réussite dans le traitement de cette condition.

L’apprentissage de la propreté chez le chaton s’effectue dès l’âge de 3 semaines lors de l’apparition de l’élimination volontaire. Avant cet âge, c’est la chatte, qui par la stimulation du réflexe urogénital, favorise l’élimination du chaton et ingère les excréments dans le but d’éliminer toute odeur pouvant attirer les prédateurs.

C’est en imitant la mère et en suivant les informations olfactives que les chatons se rendent à la litière et développent une préférence pour ce genre de substrat. Voilà pourquoi l’éducation et l’apprentissage de la propreté sont rarement une tâche nécessaire pour les parents adoptifs du chaton. Bien qu’il soit toujours possible pour les félins de développer de nouvelles préférences, la plupart seront fixés avant l’âge de 6 mois quant à leur préférence de substrat d’élimination. De façon générale, ils semblent préférer des substrats inodores et contenant des particules fines.

Comme ces derniers préfèreront les aires d’élimination vastes et ouvertes, il n’est pas rare qu’un chat décide d’éliminer dans un autre endroit lorsque le seul choix accessible est une litière couverte de petite taille.

Tout comme l’élimination dans le bac à litière, le marquage urinaire est un comportement normal chez les chats intacts et peut aussi se développer chez 10% des mâles castrés et 5% des femelles ovario-hystérectomisées. La distinction entre le marquage et l’élimination normale est primordiale pour poser le bon diagnostic et recommander le traitement le plus adéquat.

L’élimination normale:

Lors d’élimination, le mâle et la femelle adoptent la même position et la même séquence. Ils creusent un trou avec leurs membres antérieurs, s’accroupissent et urinent dans une position qui se distingue de la position assise par une queue plus pointée vers l’arrière. Après la miction, ils déplacent le substrat sur la portion souillée à l’aide de leurs membres antérieurs dans le but de l’enterrer. L’élimination s’effectue en moyenne 1 à 4 fois par jour et semble se produire en avant-midi dans 70% des cas.

Le marquage urinaire :

Comme mentionné plus haut, le marquage urinaire est un comportement normal pour les chats intacts. Contrairement à la miction standard qui vise à vidanger la vessie, le but du marquage urinaire est communicatif. Selon Feldman, le marquage urinaire des chats domestiques vivant à l’extérieur se ferait principalement le long des aires de passages régulièrement fréquentées plutôt qu’à la limite du territoire. Le marquage serait donc une information temporelle et personnelle plutôt qu’une marque visant à éliminer la présence d’étranger.

Ce comportement s’accompagne habituellement d’une position typique. Dans ces cas, le chat urine habituellement sur des surfaces verticales. Après avoir choisi l’endroit propice, il se retourne et lève la queue. Cette dernière sera totalement verticale et tremblotante. Il est parfois possible d’observer des yeux mi-clos lors du marquage. Le point distinctif du marquage urinaire est la faible quantité d’urine émise sous forme de jet ainsi que la cible qui se limite dans la plupart des cas, à un objet vertical. Le marquage urinaire sur des surfaces horizontales tout comme le marquage par des selles est très rare. Selon les comportementalistes français, l’élimination sur les surfaces horizontales serait plutôt décrite comme étant des mictions émotionnelles. Bien que le marquage puisse être un comportement normal, ce dernier est souvent associé à d’autres troubles du comportement. Tout comme pour le marquage (petite quantité d’urine), la cause des mictions émotionnelles (grande quantité d’urine) peut être l’anxiété.

Les différentes catégories de problèmes:

1. Troubles médicaux

2. Troubles associés aux aires d’élimination

a. Aversions

b. Préférences

3. Troubles comportementaux (anxiété)


1. Troubles médicaux :

Les troubles médicaux sont la cause numéro un d’élimination inappropriée. Malgré cela, beaucoup de praticiens négligent cette possibilité lorsqu’ils sont confrontés à un problème de malpropreté. Les causes les plus fréquentes sont les suivantes : Syndrome urologique félin (SUF), cystite interstitielle, maladies rénales, diabète, hyperthyroïdisme, colites, maladie inflammatoire intestinale (IBD), constipation, arthrite et processus tumoral.

Ce qu’il faut retenir, c’est que toute cause médicale peut exacerber les comportements normaux comme le marquage urinaire ou autre. Une étude a démontré que 38% des chats qui marquent démontraient une cause médicale sous-jacente. Il est donc primordial d’éliminer toute cause médicale avant d’aller plus loin dans le diagnostic d’élimination inappropriée. En contrepartie, une étude a démontré que le stress environnemental et social tout comme l’obésité jouerait un rôle dans la prédisposition des chats au SUF.

Après avoir stérilisé les chats malpropres, l’évaluation médicale devrait toujours inclure :

a. Un examen physique complet.

b. L’analyse d’un échantillon d’urine prélevé par cystocenthèse.

c. Si les premières évaluations s’avèrent négatives, il est recommandé de procéder à une analyse sanguine complète comprenant une hématologie et une biochimie avec T4.

d. Comme les chats atteints du FIV et/ou du FeLV peuvent démontrer différents troubles comportementaux, le dépistage de ces virus fait aussi partie de la procédure diagnostique.

2. Troubles associés aux aires d’élimination :

Cette catégorie est la deuxième cause la plus fréquente d’élimination inopportune chez le chat. Elle inclut les aversions ainsi que les nouvelles préférences aux substrats, aux bacs et aux endroits d’élimination. Comme une étude a démontré que l’amélioration des aires d’élimination ainsi que la désinfection des endroits souillés diminuaient à elles seules la fréquence du marquage et des souillures urinaires, les recommandations générales visant à améliorer l’environnement et la qualité des aires d’élimination sont toujours de mise.

a. Aversions :

Par définition, dans le cas de malpropreté, une aversion est l’évitement de l’aire d’élimination secondaire à une association négative. Une fois les causes médicales éliminées, l’évaluation des aires d’élimination est la seconde étape dans le processus diagnostique des troubles d’élimination. Comme la plupart des aversions sont un problème d’hygiène entourant la litière, il est primordial de bien éliminer ces possibilités avant de conclure à tout autre trouble comportemental. Comme cette procédure ne nécessite pas l’établissement d’un diagnostic médical et qu’elle requière un temps considérable, l’évaluation des aires d’élimination peut très bien être faite par un personnel technique bien formé.

Dans ces situations, le but est d’éliminer toute faille dans l’hygiène, le nombre, l’emplacement ainsi que le type de bac et de substrat utilisé.

Les aversions peuvent résulter d’une odeur inacceptable secondaire à un vieux bac, l’utilisation d’une litière aromatisée, l’accumulation de selles et d’urine, l’utilisation d’un désinfectant inapproprié ou autre. Elles peuvent aussi être causées par un substrat inadéquat (type, épaisseur, odeur, etc.) de même que le bac lui-même (couvert ou non, accessibilité, hauteur, dimension empêchant la séquence comportementale normale, nombre inadéquat, etc.). L’endroit peut aussi être la cause de l’aversion (présence de bruits inquiétants comme la balayeuse centrale à proximité ou la machine à laver, la présence de personnes ou d’autres animaux pouvant interférer avec le comportement normal de l’animal).

b. Préférences :

Dans ces cas, l’animal peut utiliser la litière ou non. Lorsqu’il décide d’éliminer dans un autre endroit, le substrat et l’endroit sera habituellement toujours le même (ex : tapis, garde-robe, lit, etc.) et cette particularité vous aide énormément à orienter votre diagnostic. Il est possible qu’une cause aversive sous-jacente pousse l’animal à développer une nouvelle préférence. Par exemple, dans les cas de mauvaise hygiène de la litière ou d’un animal qui associe la douleur ressentie à la miction lors d’un problème urinaire avec la litière, il est possible qu’il développe une aversion. Cette aversion pousse alors l’animal à trouver un nouvel endroit pour uriner. Dans ces cas, il est possible que le chat développe une préférence pour ce nouveau lieu (garde-robe, salle de bain) ou substrat (tapis, douillette, bain ou évier). Dans certains cas, le chat développe une préférence sans toutefois bouder complètement la litière.

Il peut aussi se développer des préférences selon l’individu. En effet, il n’est pas rare de voir un chat accepter un endroit ou un substrat pour uriner mais qu’il préfère de loin un autre pour faire ses selles.

3. Troubles comportementaux :

Les troubles comportementaux incluent les interactions sociales avec les autres animaux et les humains ainsi que les facteurs environnementaux qui peuvent faire varier l’état émotionnel du chat. La cohabitation féline est souvent en cause dans cette catégorie de diagnostic. En tant que vétérinaires, nous avons tous des clients qui sont propriétaires de plusieurs chats. Toutefois, rares sont les professionnels qui posent des questions à leurs clients concernant l’interaction des chats à la maison. La plupart des propriétaires vous diront que tout se passe bien et qu’ils jouent, se toilettent et dorment régulièrement ensemble. En réalité, les séquences d’agression passive ou active passent trop souvent inaperçues aux yeux des propriétaires et peuvent mener à l’anxiété et à la malpropreté ou au marquage secondaire. Une étude effectuée par Borchelt et Voith en 1996 a démontré que 70% des chats qui vivent en cohabitation se livrent à des batailles occasionnelles et plus de 80% de ces derniers tapent ou crachent envers un ou plusieurs des autres chats de la maison. Ces données ne tiennent pas compte de l’agression passive souvent non observée par les propriétaires. Cette catégorie d’agression peut être aussi simple qu’un chat qui intimide un autre en le fixant du regard lorsque ce dernier tente d’avoir accès à la litière ou en obstruant l’accès à différentes ressources comme les aires d’élimination. Dans ces cas, le coupable du marquage peut être la victime ou l’agresseur.

Dans la plupart des cas, l’élimination secondaire à un trouble comportemental ou social, amènera du marquage urinaire sur des surfaces verticales. Toutefois, il est aussi possible de retrouver une élimination décrite par les Français comme étant « émotionnelle », sur des surfaces horizontales. Cette dernière sera difficile à différencier d’une préférence de substrat ou de lieu si le vétérinaire ne recherche pas les critères diagnostiques spécifiques à cette entité. Le diagnostic est d’autant plus important puisque les chats souffrants de troubles comportementaux nécessitent habituellement en plus de la modification comportementale, une médication anxiolytique. Les phéromones synthétiques désormais offertes sous forme de vaporisateur et de diffuseur peuvent aussi être très utiles en combinaison avec les autres options thérapeutiques.

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